Nous sommes arrivés à Panama un jeudi, de nuit, tout déboussolés dans cette ville aux milles quartiers, et toujours sans guide je vous le rappelle, nous avons atterri dans un hôtel de voyageurs (le seul que les Panaméens aient été capables de nous indiquer vu nos têtes de Gringos). On trouve ce type d’endroit pour backpackers dans presque toutes les villes, partout des publicités en vantent « l’ambiance internationale ». Celui-ci, en plein milieu du centre des affaires de Panama, est coincé entre une agence de tourisme et un cybercafé, ce n’est pas le genre d’hôtel que nous fréquentons habituellement, d’abord parce qu’ils sont chers et ensuite parce qu’ils sont vraiment éloignés de la vie du pays. Principalement américains, les voyageurs que nous y trouvons sont avachis devant la télé (CNN s’entend), ou à boire des bières sur le balcon, à l’exception des japonais concentrés devant Internet, profitant de leurs 30 minutes d’accès « gratuit ». Bref, on ne se sent pas trop à notre place, et nous sommes ravis de plier bagages dès le lendemain pour trouver un quartier bien comme on aime : le Casco Viejo (déconseillé par la tenancière de la planque à touristes).
Le Casco Viejo
Le Casco Viejo est le vieux quartier de Panama. Derrière les peintures et balcons décrépis se cachent de magnifiques façades coloniales. Il ne reste que les murs de bon nombre de ses bâtiments bien trop vieux pour être habités. D’importants travaux de rénovation sont en cours depuis que le quartier a été classé patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. C’est un quartier magnifique et plein de charme qui nous ouvre les bras, curieux mélange de rues mal famées, de bâtiments rénovés coincés entre des façades qui ne tiennent plus que par des étais, de plages à marée basse, de superbes vues sur le pont des Amériques, de friches industrielles, de mini-terrains de basket collés à des églises habités par les chats… Nous sommes tellement émerveillés par la beauté des lieux que nous en oublions la raison de notre venue (l’école française de Panama), et n’apprendrons que le lundi suivant que ce sont les vacances scolaires pendant encore une semaine pour nos petits chérubins. Eh bien, il va falloir s’occuper !
Le canal
Nous sommes bien tombés, il y a une véritable vie culturelle à Panama : des dizaines de musées, de cinémas, quelques théâtres et clubs de Salsa. Beaucoup de travail, de longues promenades en ville et quelques escales d’une journée occuperont notre semaine.
Nous avons craqué pour l’attraction du lieu, les écluses du canal de Panama, certes on ne pouvait pas passer à côté (c’est véritablement impressionnant !) mais on ne se doutait pas que la chose était tellement fréquentée, que les Panaméens (gens pratiques) avaient installé de véritables tribunes pour regarder passer non pas les vaches, non pas les joueurs de tennis mais les paquebots. Nous assistons alors au Rolland Garros des écluses, les touristes, appareils photos en main (bon, moi aussi), shootent à droite, à gauche, à droite, à gauche…
Une autre curiosité de la ville
En manque de randos, nous partons à l’assaut du plus grand parc de la ville, le parque métropolitano, et découvrons en fait un petit bout de jungle en plein cœur de l’agglomération ! Nous ne sommes pas habitués à entendre le bruit des voitures dans la forêt tropicale, mais le décor n’en est pas moins beau, les papillons et les oiseaux qui semblent plus habitués que nous au brouhaha sont particulièrement nombreux. Nous grimpons au sommet de la plus haute colline du parc et découvrons une vue panoramique sur le quartier des banques et ses buildings modernes qui s’élancent vers le ciel. Vu de la jungle, c’est assez amusant.
Malgré ces excursions, nous avons vite l’impression de tourner en rond dans notre quartier populaire et insécurisé. On finit par connaître tous les plats des cantines du coin, toutes les histoires de Manuel, le sympathique gérant de notre hôtel et commençons à nous lasser de nous faire appeler « Zinedine Zidane » par le comique de notre rue…heureusement qu’ils ne sont pas au courant de nos pitres élections !
C’est donc avec une joie redoublée par cette attente imprévue dans la capitale que nous attaquons notre travail avec l’école française de Panama le lundi suivant. Il nous est d’autant plus agréable et intéressant de visiter cette école, que sa petite structure (45 élèves au total !) offre à l’établissement une ambiance chaleureuse et à l’équipe enseignante une véritable attention à notre projet. On ne vous parle que rarement des travaux que nous réalisons avec les enfants, mais cette fois vous pouvez aller voir les travaux qu’ils ont réalisés d’eux-mêmes : école Paul Gauguin.
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