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Mars 2002
  Nicaragua  
 
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       Carnet de route : Corn Islands
    Lundi 25 mars 2002
    Voici le récit du plus long, du plus périlleux, du plus aventureux, du plus drôle (pour nous) de nos trajets… Plus de photos ?
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    Au commencement était l’idée : « Traverser la Mosquito Coast du Nicaragua pour rejoindre la mer des Caraïbes et découvrir les Corn Islands ». Arrivée à, plutôt, de retour à Managua à 10 heures par un beau matin nous entrons en possession des tickets de bus pour Rama, dernière porte civilisée avant la grande jungle. Départ prévu à 21 heures pour une nuit de route, une grande journée s’offre donc à nous pour visiter à nouveau la capitale. Connaissant les grandes richesses culturelles et touristiques de cette ville, nous optons pour le cinéma (n’importe quoi mais pour passer le temps). Patients nous attendons 4 heures l’ouverture du dit ciné (2 salles dont une porno) en jouant aux dés sur les marches. A y est ! Enfin assis dans la grande salle obscure, nous ignorons les pouffades d’un groupe de jeunes filles venues, croyons-nous, voir Zonny Deep, présent dans le film. Le rideau se lève…la musique commence, hum, pas très bonne… l’image est usée, mais bon comme d’habitude… tiens ! Est-ce Johnny cet acteur dont on ne distingue que les génitoires en mouvements dans le fondement de la dame ? AAHH on s’est trompé de salle !!! Nous sommes devant un vieux porno italien ! Nous sortons donc précipitamment, vous nous connaissez, et là on nous informe que c’est bien la bonne salle mais qu’avant tous les films il y a un court métrage de fesse de 30 min ! Je vous passe la suite :o)

    Enfin le bus s’ébranle pour une nuit qui ne comptera que peu de sommeil comme nous le signal les genoux de Cyril qui lui remonte sous le menton, et le bruit du moteur qui empêche toute communication non-gestuelle. C’était bien peu dire ! La route pour Rama (250 km) a été détruite par la montée des eaux (14 mètres) provoquées par l’ouragan Johanne, elle n’est maintenant plus que trous et bosses et ce n’est que 10 min avant l’arrivée (durée : 9 heures) que le sommeil viendra à moi. Pas grave, il nous reste 1h30 de barque rapide le long du Rio Escondido pour atteindre le port de Bluefield sur la mer des Caraïbes.

    Visiblement il n’y aura pas de place pour tout le monde dans les barques, jouant les bons français habitués à passer toujours devant nous nous faufilons pour nous asseoir : YES on y est ! …mais juste pour 10 min et à quai ! L’homme-ticket nous avertit que des personnes ont réservé et qu’il nous faut donc redescendre de la barque… bon an mal an nous nous exécutons et ce n’est quand suivant la barque s’éloigner que nous apercevront les dites personnes payer leur billet à bord, preuve qu’elles n’avaient pas réservé mais plutôt versé un bakchich ! Voyageant avec 2 amis français nous sommes 4 à semer le scandale sur l’embarcadère, exigeant des explications ! Le tapage (surtout d’une) attirera le capitaine du bord qui tout en uniforme viendra tenter de nous rassurer (en vain). Par contre le petit homme affable nous apprend que part le lendemain un bateau qui va directement aux Corn Islands et qui coûte plus de 2 fois moins cher que la barque rapide plus le bateau de Bluefield !!! Allez va ! Nous prenons quartiers dans un petit hôtel de Rama et nous présentons le lendemain à 15h au port de marchandise pour ne pas rater le départ du bateau à 22h (oui il faut savoir attendre).

    Quand Chris et Nico ont vu le bateau sur lequel nous allions passer 18 heures (11 pour atteindre Bluefield et 7 en mer pour rejoindre les Corn Islands), ils ont blêmi ! Une coque de noix de 15 mètres de long et de 6 de large sans cabine (à part celle du pilote) déjà remplis de marchandises (des dizaines de caisses de bières, des sacs non identifiés, des bouteilles de gaz) sur toute sa surface et sur 1 mètre de hauteur. Mais comme nous n’étions qu’à 7 heures du départ le chargement n’était pas terminé ! Et sous nos yeux ébahis et impuissants nous voyons les derniers espaces libres où nous espérions nous étendre se remplir de barils d’eau, de bidons d’essence, de panier de chips… A 21h la hauteur des marchandises a doublé et le bateau s’est enfoncé d’autant dans l’eau, nous croyons qu’enfin nous allons pouvoir prendre place, tant bien que mal, quand arrive une dernière voiture de marchandise… qui ne déchargera pas de sacs puisque c’est elle-même la marchandise ! Roulant sur les sacs, la voiture qui occupe toute la largeur du bateau, embarque suivie d’une énorme truie, qui défèque de peur sur le pont ! Ca y est, c’est à nous les 30 passagers de tasser les sacs pour tenter de nous asseoir ou de nous allonger. Mais quelle puanteur ! Nous sommes assis sur des sacs d’appât à langouste , et pas la peine d’espérer en bouger pendant les 18 prochaines heures ! Je manque de défaillir mais nous finissons néanmoins par nous endormir, bercés par le bruit du moteur et par les ombres de la jungle qui défile autour de nous.

    Nous arrivons à Bluefield à 9h, après avoir traversé le cimetière de bateau du Rio Escondido qui donne sur la baie de El Bluf. Les officiers de l’immigration et de l’armée montent à bord pour s’assurer des marchandises et entament une vive altercation avec le capitaine : il semble notre bateau soit trop chargé pour qu’ils nous laissent prendre la mer qui n’a pas l’air bonne du tout ! Le conflit se résout de lui-même (on ne sait trop comment, et ça nous inquiète un chouia !) et on nous passe tous des gilets de sauvetage (bonne idée tiens !). Mais le bateau ne pouvant se charger plus laisse à quai les passagers qui avaient pris la barque rapide le jour d’avant (ceux qui nous avaient mis dehors, éhéhé) et qui pensaient embarquer ici plutôt qu’à Rama.

    (A suivre...)

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