| ...et les récits de voyageurs n’étaient guère encourageants. Nous nous sommes alors surpris à revenir sur nos pas (pourtant ce n’est pas notre spécialité) et rejoindre Granada par la voie terrestre.
Granada est une très belle ville coloniale, où il fait bon se promener sur le parque central et goûter le fameux « vigoron » (peau de porc grillée accompagné de riz, le tout enveloppé dans une feuille de bananier) au rythme des sérénades du vendredi soir. A cette option traditionnelle nous avons préféré la pizzeria, et avons été bien punis…
Près de 4 mois après le départ, ce qui devait arriver arriva : on s’est fait voler notre sac à dos avec l’appareil photo numérique dedans. « Enfin ! », s’écrirons certains (ce n’est pas bien juste qu’on se dore la pilule pendant que d’autres travaillent), « Ohh les gros nuls ! » diront ceux qui, comme nous, pensent qu’il est possible d’éviter tout vol, « Ooh nooooooon ! » s’exclameront nos fans…
Le résultat est le même, on s’est bêtement fait faucher le plus joli sac du monde (le orange vif en forme de carapace de tortue !) pendant qu’on mangeait au restau arborant une enseigne explicite (« Welcome tourists of the world ! ») pour la première fois du voyage. Je vous voir déjà ricaner, mais soyez indulgents et comprenez deux pauvres touristes lassés du riz matin-midi-soir ! Nous dévorions une pizza délicieuse lorsque deux hommes se sont assis derrière nous et ont profité de notre distraction. Ce n’est que plus tard, le ventre plein, que nous avons noté la disparition de nos biens, au grand étonnement de tous (personne ne les a remarqués).
Nous voilà partis à la rencontre des gendarmes locaux, à l’autre bout de la ville bien sûr. Je vous vois ricaner de nouveau face à notre naïveté ! Il est rarissime en Amérique Centrale comme ailleurs de retrouver un objet volé, nous espérions tout simplement être informés de leur lieu de revente. La visite de la gendarmerie s’avère fort intéressante : nous y découvrons les affiches placardant les recherchés (ils ont tous des têtes de tueurs, et pour cause, ils en sont !), y rencontrons le fils d’un policier aidant son père à taper à la machine, et assistons aux querelles de prisonniers détenus juste derrière nous. Nous ressortons néanmoins bredouilles de cette opération qui nous aura coûté la journée.
La suite des évènements n’a malheureusement pas été plus fructueuse. Faute de temps, nous quittons Granada sans avoir visité les « isletas », les 365 petites îles qui se situent sur le lac, et où vivent des centaines d’espèce d’oiseaux. Nous tenons à visiter le « Mirador de Catarina », qui nous a été vivement recommandé par une Nicaraguayenne, d’autant plus qu’il est possible de se baigner dans la lagune de Apollo que le mirador surplombe. La vue du Mirador est sublime, la lagune scintillant sous les rayons de soleil est une invitation à la baignade. Par précaution, nous interrogeons les locaux sur le chemin à suivre. « La laguna de Apollo, magnifique ! Mais vous seuls, non ! », « C’est très dangereux pour les touristes ! » se voit-on confirmer….voici qui contrecarre nos plans, et nous voilà coincés à Catarina, où il n’y a rien à faire si ce n’est acheter de l’artisanat (et franchement on a vu mieux, c’est un euphémisme) !
Tous cela nous amènera à manquer un peu de la visite de Masaya, arrivée avec un jour de retard, nous n’avons plus le temps de gravir le superbe volcan de Masaya qui est la première source de pollution naturel au monde (pour ses rejets soufrés dans lesquels vivent des perroquets uniques pour leur adaptation). Par contre nous visiterons le très glaçant fort de Masaya qui a servit de prison et de lieu de torture aux conservateurs puis aux sandinistes.
Et il est déjà temps de repartir vers la capitale où notre bus nous attend pour traverser la Mosquito Coast.
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