Après 10 jours de nonchalance à Yogya, à se laisser bercer par Mélanie et le petit train de vie de sa grande demeure, on saute le cap et dans un bus pour la plage.
La plage
Pagandaran est décrit par les guides comme un village de pécheurs. Là on découvre ce que l'on sait déjà, les Javanais n'ont pas les mêmes notions que nous : à Java un lieu traversé par des routes à 6 voies est une ville alors qu un lieu traversé par des routes à (seulement) 4 voies est un village. Nous finissons par trouver ce que nous cherchions dans le sud du 'village' : bateaux de pêche colorés, les femmes tirant les filets vers la berge et les marchés au poissons qui nous tirent enfin de la pollution de l'île et nous laissent à voir un peu de la vrai Indonésie.
Partis nous balader dans la petite jungle qui borde les lieux, nous tombons nez à nez avec des biches, des éléphants utilisés pour défricher les bois et 2 cavaliers armés de cimeterres sortis du film de Kung-Fu qui se tourne à 100 mètres de là.
Nous qui pensions trouver le calme ici, c'est raté... mais nous allons vite apprendre que tout est relatif et que oui Pagandaran est un village calme... pour Java.
Où nous sommes invités d'honneur
Vous a-t-on déjà dit que nous sommes des superstars ici ? Tout le monde nous salue dans la rue et attend bien sûr qu'on réponde, les gens n'hésitent pas à nous réveiller dans les bus pour discuter avec nous, à frapper à notre chambre d'hôtel, évidemment se cacher derrière un livre n'est d'aucune utilité, ils liront par-dessus votre épaule et engageront la discussion. Ca à l'air drôle mais certains jours c'est un enfer ! Car les Indonésiens sont hyper sympas, hyper accueillants et on ne peut décemment pas les envoyer balader.
Une de ces nombreuses discussions nous ont mené chez Rosih, qui tenait tellement à ce que nous dormions chez elle ! Nous ne l'avons pas regretté, si vous aviez vu la tête des gens dans le village lorsque nous, les deux boulés (signifiant 'étrangers', et non 'poids'), sommes arrivés en moto, accompagnés de leur amie de toujours ! Le soir même, ce fut un véritable défilé chez les Roslina, les curieux du village tous désireux de nous rencontrer, sans pour autant nous regarder comme des aliens (ce qui arrive parfois même dans les grandes villes). C'était une expérience très enrichissante que de passer ces quelques moments dans cette famille adorable qui vit d'amour et d'eau fraîche. Mais gênante aussi, puisque nous étions véritablement des invités d'honneur, interdits d'aider ou de participer en quoi que ce soit aux préparatifs. C'est à regrets que nous avons fuit tôt le lendemain matin, de peur que la famille continue à se ruiner pour nous faire plaisir ; dommage, car nous étions invités à aller capturer des oiseaux en forêt !
Jusque là tout va bien...
Refusant une nouvelle invitation dans le bus, venant d'une femme qui ne nous parlait que par gestes, nous découvrons Bandung où en moins de 2 heures nous allons littéralement exploser, devenant désagréables avec tout le monde.
Eh oui overdose ! L'Amérique Latine nous avait habitué à notre petite tranquillité : les gens étaient chaleureux et la faible population des pays créer de grands espaces de 'ressourcement'. A Bandung, on a craqué, on se sentait agressés de toutes parts : impossible d'être un peu incognito, impossible de dormir dans le bus, de se reposer dans sa chambre… des gens partout, partout et tous veulent vous avoir pour eux ! Alors on cherche la campagne mais même avec 4 heures de bus bondés il est impossible d'atteindre ce qui n'existe pas ici.
Enfin après 1 journée à se questionner sérieusement sur le devenir de notre voyage en Asie, on passe une bonne nuit et l'Indonésie redevient magnifique. Il faut apprendre à vivre avec tout le monde ici et ce n'est pas tout les jours faciles.
Bogor
A Bogor, on plonge dans 3 facettes du pays : le colonialisme hollandais, en visitant les magnifiques jardins botaniques autour desquels la ville est bâtie ; les kampung, qui sont les villages rattrapés par la ville, images parfaites de ce que nous imaginions de l'Asie, nous nous perdons 1 heure dans les labyrinthe de ruelles en colimaçon ; l'Islam omniprésente et ses mosquées qui réveillent le monde entier de 3h à 4h du mat' puis à 5h puis dans la journée vous empêchent de vous rendormir.
Jakarta, la vie de millionnaires
Avec les profs de l'école française de Jakarta nous découvrons une autre Indonésie, celle de la belle vie, des maisons avec piscine pour le prix d'un studio à Paris, des DVD à 25 Francs français et des problèmes que causent aux écoles internationales les menaces terroristes. Ils nous donnent malgré le peu d'intérêt de la ville bien envie de venir nous installer avec eux :o)
On quitte Java en beauté...
... sur l'un des plus beaux paysages qu'il nous ait été donné de voir : le cratère du Bromo. Imaginez un cratère de 10 km de large, aux pentes raides et couvertes de verdures, le fond du cratère étant occupé par une mer de cendre et de sable. Et au centre du grand cratère 3 autres plus petit, dont l'un crache continuellement des nuages de souffre vers le ciel. Si l'on retrouve un logiciel pour faire des panoramiques avec les photos que l'on a, on vous montrera le truc.
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