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Février 2002
  Honduras  
 
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       Carnet de route : La côte Caraïbe
    Vendredi 8 février 2002
    Nous voilà en Honduras, le deuxième pays d’Amérique Centrale par sa taille, par sa pauvreté, mais d’une diversité culturelle inégalable. A peine entrés dans le pays, nous fonçons vers les Caraïbes ! Après une escale éreintante à Guatemala City, nous méritons bien du repos, non ? Plus de photos ?
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    Un arrêt à Tela nous permet de découvrir les richesses de la côte Caraïbe Nord : tout d’abord, les Caraïbes, bien sûr, que Cyril aperçoit pour la première fois, les yeux ébahis par sa beauté malgré la pluie. Des plages de sable fin bordés de cocotiers qui invitent à se languir, l’ambiance détendue du reggae, comme dans les films. A cette beauté de la nature vient s’ajouter la mixité culturelle de la côte. En plus des métisses que l’on trouve partout en Honduras, il y a beaucoup de noirs descendants des Jamaïcains et des Indiens de l’Ouest qui sont venus pendant l’occupation de la côte par les Anglais.

    Nous avons passé quelques jours dans un village Garifuna, la Ensenada, à découvrir les musiques, danses et plats traditionnels de ses habitants. Les Garifuna, issus d’un métissage entre des Africains et des Indiens des Caraïbes, ont été amenés comme esclaves par les Anglais de l’île de Saint-Vincent à l’île de Roatan à la fin du 18ème siècle. Ils se sont alors éparpillés et ont maintenant des petits villages de pêcheurs sur toute la côte allant du Belize jusqu’au Nicaragua. Ces quelques jours nous ont incité à prolonger la découverte en allant nous immerger dans cet étonnant métissage des cultures, sur les Bay Islands (îles des baies). C’est une mer agitée sur laquelle navigue le ferry assurant son unique liaison quotidienne vers les Bay Islands. 1h plus tard, nous arrivons plutôt pâlots sur l’île d’Utila, où le soleil cogne fort, et le vent souffle un air des plus chauds. Nous sommes tout de suite frappés par l’étonnante diversité de la population sur l’île : des métisses et des noirs comme nous en avons déjà croisé, mais aussi des Anglais installés sur l’île depuis plus d’un siècle se confondant avec les Européens qui y travaillent depuis quelques années et les touristes de passage. Tous parlent anglais, la première langue de l’île, mais avec des accents étranges, allant de l’africain à l’allemand en passant par l’espagnol ou le russe ! Une petite balade et nous trouvons un endroit paradisiaque où passer les prochaines nuits : une petite maison avec cuisine, rien que pour nous !! Norma et Will, mariés depuis 58 ans, et déjà 9 enfants, seront notre mère et père pendant ces quelques jours au paradis, toujours aux petits soins, et avec une pointe d’humour bien à eux. Sur l’île, il n’y a guère de voitures, ces dernières étant remplacées par des moyens de transports plus calmes, plus adaptés au train de vie du lieu : Quads, vélos et les caddies (comme sur les terrains de golf, c’est très rigolo). La mer est chaude et bleue turquoise, et l’abondance et la proximité des barrières de corail nous assurent des heures de contemplation sous-marine. Tout est luxe, calme, et volupté…

    ...Jusqu’au lendemain, où nous sommes réveillés par le bruit de la pluie s’abattant sur notre toit de tôle fine ! Et à la vue du ciel, ce n’est pas prêt de s’arranger ! Et selon les voisins, ça ne fait que commencer ! La poisse nous aurait-elle accompagnée ? Peut-être, mais cela n’explique que partiellement les chutes d’eau incessantes qui accompagneront notre escale, car nous sommes en pleine saison des pluies, eh oui ! Jusqu’ici, nous avions hésité devant les nombreux centres d’apprentissage de plongée, réputés être les moins chers du monde, mais représentant une certaine somme tout de même, pour notre maigre budget. La pluie accélère notre décision, et nous voilà inscrits au « Gunter’s dive-shop », où Martin nous aidera à décrocher notre « PADI Open Water Certificate »…je parle chinois là ? En d’autres termes, à Utila, en Honduras, nous prendrons des cours de plongée en anglais, avec un allemand, afin de pouvoir plonger seuls et découvrir les merveilles de la mer. Nous rentrons sereins, guide d’apprentissage sous la main, sous une pluie incessante, à la maison….ahhh, la maison, ça nous manquait tout de même ! Nous y potassons quotidiennement nos guides théoriques, nous enseignant les règles essentielles de la plongée, y faisons nos devoirs (ça nous manquait moins !), et terminons la soirée avec un repas fait-maison, alternant pâtes, riz, pâtes, riz, pâtes…(pour compenser le prix des cours, nous modérons notre appétit). Nous la quittons (oui, notre maison) chaque matin pour rejoindre Martin sous l’eau et passer à la pratique : nous apprenons à assembler notre matériel, enfiler les combinaisons qui collent à la peau, et, surtout, respirer sous l’eau et s’y déboucher les oreilles. C'est du Cousteau, et du bon : poissons de 1001 couleurs, formes et tailles qui papillonnent autour de nous, crabes géants ou minuscules et colorés, coraux eux aussi d’une abondance et d’une diversité sans comparaison, épaves qui traînent à 20 mètres de profondeur… Comme dans un rêve, nous vivons le scénario digne d’un conte de fées, côtoyons une faune aquatique que nous croyions réservée aux Cousteau et associés, observons le fameux corail, dense et intrigant…. Et puis le clou! Pour notre dernière plongée, le requin baleine nous a fait l'honneur de nous laisser nager avec lui ! Nous restons sans réaction mais la tête en feu quand de toute sa longeur (8 mètres, un petit) il nous regarde dans les yeux avant de fuir vers les profondeurs, entouré par un banc de thons. Mais peut-être devrais-je terminer mon histoire ici, de peur de ne vous rendre trop jaloux ? Une autre fois, je vous raconterais la virée en canoë à travers la lagune et les mangroves traversant l’île.


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