Il faut paraît-il arriver en ville un jour avant le marché pour trouver ou dormir, sinon tous les lits sont pris. Nous avons choisi d’arriver 2 jours en avance.
Pour nous, c’est là le début des sourires ! Des Indiens qui font un détour de 300 mètres pour vous indiquer votre chemin et qui dans le laps de temps vous ont demandé votre prénom et vous ont donné le leur, juste comme ça, pour faire connaissance ! Du pur bonheur.
Notre avance sur le jour de marché nous a permis de découvrir la ville nue. Le premier jour (le lendemain du marché précédent), nous sommes arrivés dans une ville à la gueule de bois, calme, vide et pâle. Deuxième jour : Alka-Seltzer ! Les rues s’animent, on apporte les colonnes de bois et les bâches qui, fixées au sol, constitueront les premiers stands, les gens sont les mêmes que le jour précédent mais un peu moins sympathiques, plus affairés sûrement. Troisième jour, tintamarre ! Le marché est là, énorme, nous ne reconnaissons plus la ville presque entièrement engloutie sous les étales et les tissus, et puis aujourd’hui nous ne sommes plus les étrangers d’hier nous sommes devenus des acheteurs potentiels et cela se sent dans la manière dont on nous regarde et dont on nous parle.
Fantastique de voir cette ville se métamorphoser en 3 jours et de savoir que demain un nouveau cycle commencera !
En attendant nous flânons entre les échoppes. Couleurs, couleurs et encore couleurs ! Nous nous laissons happer par les tissus pendus au-dessus de nos têtes, nos mains caressent les étoffes, pensant aux dizaines d’heures de travail nécessaires pour confectionner de telles broderies.
Les Guatémaltèques n’emploient pas de méthodes de vente agressives, on vous laisse regarder, toucher et puis partir, on est loin des souks du Maghreb. Parfois un vendeur vous hèle d’un « Tss-tss », qui est un peu l’équivalent local de « eh toi », pour attirer votre attention.
Nous avons craqué pour 2 tissus brodés par une Indienne, avec laquelle nous avons pratiqué le sport local, le marchandage. Au bout de 5 min de propositions de parts et d’autres, nous tombons d’accord sur un prix et nous nous séparons contents. Enfin elle surtout, nous, il nous reste un drôle de sentiment : de la honte ! Pourtant nous n’avons pas abusé du marchandage et la vendeuse semblait contente… juste honteux de payer si peu cher ce que nous pensons valoir beaucoup plus. C’est une sensation étrange de se sentir à la fois heureux et honteux de quelque chose, nous expérimentons une position difficile de celui qui a de l’argent dans un pays pauvre.
Chichi, c’est aussi l’affirmation que tous les avertissements que nous avaient donné les voyageurs et les guides concernant la nourriture au Guatemala sont faux : on y mange très mal, mieux vaut pour vous d’aimer les tortillas, il n’y a que ça… J’ai mangé à Chichi sur le marché le meilleur poulet de ma vie (désolé, maman !) et nous y avons découvert des boissons, servies bouillantes, à damner un saint : l’arroz con leche (du riz fondu dans du lait avec de la cannelle, du sucre et du chocolat), le caliente (jus d’ananas avec des raisins et de la cannelle) et l’atol de maïs (maïs fondu dans du lait avec de la cannelle et du sucre).
Chichi, c’est aussi Thomas, notre guide de 5 ans, qui nous a conduit sur une colline en dehors de la ville pour assister à une cérémonie Maya.
De Chichi, il nous restera toujours les sensations du marché, fruits et couleurs, les sourires des Indiennes aux dents décorées d’or et d’argent, les boissons sucrés bues à petites gorgées la nuit dans des stands déserts et les yeux de notre petit guide à qui sa fonction tenait très à coeur.
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