| Après une nuit très tourmentée à traverser le pays en venant de Tikal, nous arrivons au petit matin dans ce que les guides appellent la plus belle ville d’Amérique Centrale. Le soleil se lève tranquillement sur la place centrale de la ville, d’où partent des rues colorées. Pourtant, il fait encore très frais dans cette ville qui nous rappelle San Cristobal!
Pour la première fois sans guide (nous n’avions pas encore acheté notre plus fidèle ami de voyage, le Lonely-Planet), nous errons dans les rues nommées à l’américaine, « 6ème sud » ou « 8ème ouest », à la recherche d’une chambre où poser nos affaires. Les posadas sur notre chemin sont encore fermées, et c’est grâce à l’aide d’un jeune guatémaltèque que nous trouvons un logis….dans un magasin ! La propriétaire de la « tienda » nous montre notre chambre, au premier étage de la maison familiale et nous donne les clefs du magasin pour rentrer comme chez nous. Amusés à l’idée de passer tous les soirs entre les bouteilles de Coca et les chips, nous posons nos affaires et partons à la découverte de la ville.
Il est bientôt 8h du matin, pourtant la ville semble endormie : personne dans les rues, les magasins sont fermés, et même le marché est désert ! Première découverte, les Guatémaltèques sont des lève-tard, nous voilà un point commun ! Ils se lèvent même après les touristes, que nous voyons rapidement apparaître de tous côtés, inondant les rues de leurs têtes blondes. Antigua est une ville mondialement connue pour la quantité et la qualité de ses centres de cours d’espagnol. Il n’est donc pas étonnant qu’une telle concentration de touristes existe, mais ils nous paraissent très différents de ceux que nous avons côtoyés depuis notre départ. Sont-ils plus jeunes, plus riches… sûrement un mélange de tout ça.
Nous nous rendons rapidement compte que, plus qu’une autre, Antigua est une ville à deux facettes : celle des touristes et celle des Guatémaltèques. Les coures intérieures ont été transformées en de chics cafés où l’on vient siroter un cappuccino en révisant son cours d’espagnol. Les nombreuses agences de tourismes affichent leurs prix en Dollars américains, que ce soit pour une excursion sur le volcan du coin ou pour un retour « back home », en Floride ou en Californie. Il existe une multitude de services réservés aux gringos, telles que des bibliothèques d’échange de livres anglophones, ou des salles de cinéma où l’on passe des films en VA, version américaine.
D’un autre côté, la réalité des indigènes est une lutte quotidienne pour survivre. Les Indiennes sur le marché d’artisanat préfèreront vous vendre les tissus sur lesquelles elles ont travaillé des heures pour 2 Quetzals plutôt que de rentrer dans leur village sans avoir fait de ventes. Sur le marché aux fruits et légumes, les mouches volent autour d’aliments pourris qui seront eux aussi bradés. Nous n’avons jamais été aussi observés qu’aux alentours de la gare de bus (les « chicken-bus » comme les appellent mi-amusés mi-moqueurs les étrangers), où ne montent que des autochtones.
Si la ville offre une certaine ressemblance avec San Cristobal, elle n’offre pas autant d’attraits et notre séjour sera donc de courte durée. Ayant fait le plein de films et de livres nous nous entassons dans un bus coloré pour repartir vers un Guatemala plus authentique.
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