...ce n’était qu’un petit vol de 1h45 de nuit, sans film, et au repas de schtroumf (sans rab, malgré l’insistance de Cyril !!). Lorsque nous arrivons il est déjà tard, et nous sommes surpris par la fraîcheur de l’air. Il paraît qu’il faisait 8 degrés la semaine dernière ! Eh bien nous ne sommes pas mécontents, cela nous change de l’air suffocant de Panama, tout en nous donnant un revigorant coup de fouet. Nous décidons de quitter Quito au plus vite pour rejoindre les montagnes de la sierra del norte.
Notre première halte fut Cayambe, une petite ville réputée pour ses bizcochos, des petits gâteaux au beurre que l’on consomme avec du fromage et du thé : le goûter idéal après une longue promenade à l’air frais (voir froid). C’est une petite ville comme on en trouve partout en Amérique Centrale, et pourtant, elle nous semble différente, et provoque une impression étrange. Nous mettons du temps à comprendre que l’origine de cette sensation est tout simplement : le silence ! Y compris sur le marché ou la grand’place, le calme règne ! Pourtant, ils sont bien latins ces gens là, non ?! Nous nous étions trop accoutumés au bruit omniprésent en Amérique Centrale : concours de sono entre magasins, voiture publicitaire, musique dans les bus…
Non loin de Cayambe demeure un site pré-Inca des plus importants du pays, Cochasqui. Les Cara se sont installés là vers 900 avant JC, et y ont construit des dizaines de pyramides à haut plat, aujourd’hui enfouies sous une couche de pelouse. Le prix de l’entrée comporte la visite guidée, ce qui est fort utile car sans ça, on se promène sans rien comprendre (le site manque de moyens). Notre guide, une toute petit femme aux joues rosées, connaît bien son histoire, et va même jusqu’à nous faire goûter plantes et graines. On a honte de ne connaître aucune plante lorsqu’elle nous demande leur nom en français, heureusement pour notre ego la plupart d’entre elles n’existent pas sur notre continent.
Nous passons le reste de la journée à nous promener, à admirer les paysages grandioses qui nous sont offerts en respirant l’air frais de la montagne. Malgré le fait que nous soyons dans le plus petit pays d’Amérique du Sud, tout nous semble démesuré : les collines de champs verts bien découpés s’étendent à perte de vue sous un ciel bleu immense d’où défilent les nuages à toute vitesse. Nous remarquons d’ailleurs que les Indiens, et notamment les enfants, ont les joues quasi-brûlées, leur donnant un air à la fois sain et sale. (??)
Nous retrouvons de nombreux Indiens au grand marché de Otavalo, le plus connu des marchés d’artisanat. Les Indiennes portent des colliers couleur or, des bracelets oranges et une chemise blanche brodée qui est souvent cachée par un grand châle les protégeant du froid. La tunique des hommes est plus simple, composée d’un pantalon blanc en lin, de sandales ouvertes (plutôt féminines d’ailleurs) blanches ou noires et d’un poncho bleu foncé. Ce mercredi au marché, il n’y a pas foule, et la plupart des stands s’installent à peine lorsque nous surgissons vers 10h du matin. Du coup tout le monde se jette sur nous, « regardez mes beaux tissus, soyez le premier acheteur de la journée, prix d’ami c’est promis ! » Nous nous sentons toujours mal à l’aise dans ce genre de situation, et malgré l‘attrait que nous avons pour l’artisanat local (des gros pulls en laine colorés, des tissages représentant les paysages du pays….) nous fuyons assez rapidement.
La plupart des Indiens vivent et travaillent dans les villages avoisinants, dont Peguche, que nous décidons de visiter. Lorsque nous arrivons tous les ateliers de tissage sont fermés, eh oui les Indiens aussi ont le droit à leur pause-midi ! Une forêt non loin de là mène à une grande cascade, dont l’eau alimente le village. Le sentier balisé est entouré de pancartes expliquant à la fois les plantes qui sont sous vos yeux, et pourquoi il ne faut pas les endommager. En revenant vers le village, nous croisons un groupe de jeunes et moins jeunes jouant au volley. C’est assez drôle de voir ces petits bonshommes s’agiter sur le terrain, s’esclaffant lorsque la balle tombe à terre ou qu’un tir est loupé. Ils jouent plutôt bien, et les balles durent longtemps : ils sont trop petits pour smasher ! Le jeu se termine pour laisser place aux seniors, qui se dépêchent d’ôter leurs habits traditionnels pour enfiler short et tennis, et s’échauffer un peu. Etirements, décompte des points sur une tablette, dégagement de la poussière…on ne rigole pas avec le « equa-volley », comme on l’appelle ici ! Nous prenons un plaisir fou à les observer, en rigolant avec eux, et en oublions presque nos tisseurs. Enfin, je devrais dire notre tisseur, car l’homme était seul dans l’atelier, avec ses beaux motifs aux murs. Ils représentent paysages et habitants aux couleurs plutôt sombres (comparés aux textiles guatémaltèques notamment) mais tout autant captivants. C’est assez impressionnant de voir qu’il n’a aucun modèle pour réaliser ses tissages, tout est dans la tête !
Nous repartons la tête pleine d’images nouvelles et songeons aux surprises que nous réserve ce nouveau continent….
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