Notre barque silencieuse nous permet d’apercevoir crocodiles, tortues, oiseaux colorés et singes, tous déguerpissant à notre vue. C’est un petit avant-goût de la bio-diversité qui fait toute la renommée du pays, et attire une masse touristique de plus en plus importante (2ème source de revenus du pays).
Autre caractéristique de ce pays, les hauts prix ! On nous avait prévenus, mais nous n’en sommes pas moins stupéfaits à la caisse des magasins, à la sortie des hôtels, et même au marché ! Enfin, on redécouvre la civilisation avec ses bons côtés (qui sont aussi les mauvais, on n'arrive pas encore à faire le tri): les maisons dont tous les morceaux sont joints, les routes goudronnées, l'électricité après 21h, l'eau tous les jours (et non plus seulement le lundi et le jeudi), on nous la dit potable au robinet mais nous n'arrivons pas encore à y croire, les panneaux publicitaires, les gens parfumés, les sculptures en coin de rue, les espaces verts, les clochards... et tout le cortège de biens fournis d'office par la société de consommation, qui ne cesse de nous éberluer par ses gaspillages !
Nous réalisons qu’en 3 mois de voyage en pays "en voie de développement", notre idée du "nécessaire" a chuté de plusieurs crans. Il nous arrive de nous faire des quiz sur la France avant de nous endormir pour ne pas tout oublier : " y'a des sacs plastiques aux caisses des grands magasins ? ", " combien j'avais de pantalons avant ? ", " il y a des lampadaires dans toutes les rues ? "...
La Semaine Sainte, que nous nous réjouissions de célébrer en pays hispanique, s’avère être très problématique. Pendant cette semaine de vacances nationales, tout le monde part rejoindre famille et amis à la plage, dans les parcs nationaux, au pied des volcans…inutile de préciser que TOUT, PARTOUT est réservé 3 mois à l’avance. Enfin, partout sauf dans la capitale, que nous nous empressons de rejoindre.
En effet, la ville est désertée de ses habitants, et nous n’avons aucun mal à trouver un logis, dans un hôtel très particulier…Il nous semble que nous avons atterri chez les fous ! Ils ont tous des têtes étranges, passent leurs journées agglutinés devant la télé, marmonnent dans leurs barbes, et vous sautent dessus pour vous parler dès que vous daigner sortir la tête de votre chambre. Notre voisin est un vieux grognon qui a un problème avec sa porte, elle grince. Pour signaler ce défaut à tous, il s’amuse à l’ouvrir et à la refermer, toute la journée, toutes les journées ! Inutile de lui signaler notre fatigue lorsque, à 5h du matin, il commence à jouer ; il rétorque des phrases incompréhensibles, il n’a plus toute sa tête, le pauvre vieux. Quelque part, nous sommes un peu comme eux, sans famille pour la Semaine Sainte.
En ville, ce n’est guère mieux. Clochards et touristes errent dans les rues dans un but commun : la recherche de nourriture. Une fois la nuit tombée, il n’y a plus que les rats et les cafards pour nous raccompagner à l’hôtel. Qu’avons nous fait pour Pâques ? Hum, pas facile de s’occuper lorsque tout est fermé. Lu, énormément, joué aux cartes, beaucoup, sortis, très peu. Une fois les magasins réouverts, nous avons pu profiter des « joies » de la société de consommation : lire de beaux livres tous neufs dans les librairies et regarder des dessins animés sur l’espace enfants tout en profitant de la clim’, le pied quoi !
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