De la neige
Enfin Bolivie ! Il est des pays que l’on a pas envie de quitter et d’autres que l’on est trop heureux de laisser derrière soi. Nous fuyons le Pérou sous la neige, comme Napoléon la Russie, mais celle-ci disparaît dès le passage de la frontière bolivienne, j’ai envie de vous embrasser monsieur le douanier pour votre beau tampon.
Copacabana la belle nous tend les bras, il semblerait que sa célèbre homonyme brésilienne fut nommée en l’honneur de cette ville côtière d’un des plus hauts lacs du monde, franchement on se demande bien pourquoi, car en dehors de sa très belle cathédrale mauresque il n’y a pas grands chose à faire par ici.
Là où est né le soleil
C’est pourquoi, pas lassés des îles du lac Titicaca, nous mettons le cap pour 2 jours de marche sur l’île du soleil. Plus grande en taille que les 2 îles que nous avons visitées côté péruvien, l’Isla del Sol est aussi tributaire d’un bien plus grand nombre de légendes et de mythes : pour les Incas c’est ici que seraient nés le soleil et la lune ; pour les Aymara serait sortie des eaux ici un de leur plus grand roi ; au Nord de l’île on a retrouvé des coffres d’or immergés à plusieurs mètres et les restes d’un temple dont les colonnades dépassent encore de l’eau quand le niveau du lac est au plus bas. Terre de légendes moins fréquentée par les touristes nous espérons y trouver là le vrai Titicaca, celui des Incas et des Indiens, celui des eaux claires et des couchers de soleils magnifiques.
L’île est superbe, bordée de terrasse Pré-Incas pour les cultures et habitée par un petit nombre d’Indiens répartis en 3 communautés. Elle est suffisamment grande pour ne se dévoiler qu’au fur et à mesure de la marche et pour alterner les paysages de lac, de sentiers montagneux, de villages et de plages.
Le premier jour nous passerons du Sud au Nord de l’île sous un ciel d’orage qui éclatera par moment. C’est dimanche et jour de vote pour les présidentiels. En Bolivie, le vote est obligatoire et l’île ne compte qu’un seul bureau au sud, toute la journée nous croisons les habitants de l’île faisant un trajet inverse au notre, portant presque tous une petite radio à la main et tous le sourire aux lèvres. Même les plus âgés se déplacent alors qu’il leur faudra près de 10 heures de marche allez-retour.
Ce n’est que le deuxième jour que nous pourrons découvrir les vraies couleurs du lac dont celui-ci ne s’apprête que les jours de beau temps. En se perchant sur l’un des sommets de l’île (4100 mètres), nous découvrons le lac dans toute son ampleur, les cordillères du Pérou à droite et celle de la Bolivie à gauche, l’horizon disparaît derrière ces montagnes, nous sommes vraiment sur un toit du monde !
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